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Recherche, innovation et numérique en santé : la DGRINES entre en fonction

par Rémy Teston

Depuis le 1er novembre 2026, la direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé (DGRINES) fonctionne selon sa nouvelle organisation. Placée sous la direction de Lise Alter, elle rassemble des compétences jusqu’alors réparties entre plusieurs structures du ministère. Un changement de gouvernance qui vise à mieux articuler recherche, innovation et transformation numérique du système de santé.

C’est une nouvelle étape dans l’organisation de la santé numérique en France. Depuis le 1er novembre, la DGRINES dispose de son organisation définitive, structurée autour de quatre sous-directions et d’un pôle consacré à la stratégie réglementaire et internationale.

Si cette date marque l’entrée en vigueur de son nouvel organigramme, la direction générale a été créée quelques mois plus tôt, par un décret du 18 juin 2026, entré en vigueur le 21 juin. Une période transitoire avait été prévue pour permettre le regroupement progressif des équipes et des missions.

Une direction pour rapprocher recherche, innovation et numérique

La DGRINES est chargée d’élaborer, de mettre en œuvre et de coordonner les politiques des ministères chargés de la santé, de l’action sociale et de la sécurité sociale dans les domaines de la recherche, de l’innovation et du numérique, pour les secteurs sanitaire et médico-social.

Son périmètre rassemble des activités auparavant réparties entre plusieurs entités. Cette nouvelle direction regroupe notamment les équipes de l’ancienne délégation au numérique en santé (DNS), une grande partie des effectifs de l’Agence de l’innovation en santé, la mission « article 51 », ainsi que des équipes chargées de la recherche et de l’innovation au sein du ministère.

Cette réorganisation rapproche ainsi, au sein d’une même direction d’administration centrale, des politiques qui interviennent à différentes étapes du développement des innovations : de la recherche à leur déploiement, en passant par l’expérimentation, les données et la transformation des parcours.

Elle marque également la disparition de la DNS en tant que délégation distincte. Ses missions relatives à la stratégie du numérique en santé sont reprises dans le champ de compétences de la DGRINES.

Lise Alter à la tête de la nouvelle direction

La direction générale est confiée à Lise Alter, nommée par décret en septembre 2026. Ancienne directrice de l’Agence de l’innovation en santé, elle a également exercé les fonctions de directrice de cabinet de la ministre chargée de la Santé. Elle est secondée par David Sainati, ancien co-responsable de la DNS.

À la tête de cette nouvelle structure, leur mission consistera notamment à faire travailler ensemble des équipes aux expertises complémentaires : recherche appliquée, accompagnement de l’innovation, données de santé, cybersécurité, services numériques ou encore évolution des organisations de soins.

L’arrêté d’organisation de la DGRINES prévoit quatre sous-directions, dont les responsables ont été officiellement désignés en octobre. La sous-direction de la résilience et de la confiance numérique, dirigée par Xavier Vitry, est notamment chargée des règles de sécurité, d’interopérabilité et d’éthique applicables aux services numériques en santé. Elle accompagne leur déploiement et leur mise en conformité, tout en contribuant au développement des services socles et des plateformes numériques.

La sous-direction de la recherche et du transfert de technologies, confiée à Julie Lagrave, intervient sur les priorités, l’organisation et le financement de la recherche appliquée en santé. Elle doit aussi favoriser le transfert des résultats de la recherche vers les acteurs du système de santé. Son périmètre comprend notamment les plans nationaux relatifs aux maladies rares et à la médecine génomique.

La sous-direction de l’accélération de l’innovation, dirigée par Aymeric Perchant, est chargée de l’accompagnement et du financement des innovations en santé. Elle pilote également la gouvernance des données de santé et les actions favorisant leur utilisation secondaire, notamment pour le développement de l’intelligence artificielle.

Enfin, la sous-direction de la transformation et des parcours, confiée à Claire Vigier, pilote des projets de transformation organisationnelle et numérique du système de santé, en lien avec les autres directions concernées. Elle participe également à l’amélioration des parcours de santé.

Des missions transversales et une ouverture européenne

À ces quatre sous-directions s’ajoute un pôle de la stratégie réglementaire et internationale. Il doit notamment veiller à la cohérence du cadre juridique applicable à l’innovation en santé et coordonner les positions relevant du champ de la direction dans les affaires européennes et internationales.

Trois missions transversales sont par ailleurs rattachées à la direction générale. Elles concernent les produits et technologies de santé innovants, la prospective et la priorisation, ainsi que le pilotage d’un guichet fédéré d’accompagnement des acteurs de l’innovation et l’animation territoriale.

Ces missions illustrent l’étendue du périmètre confié à la DGRINES : anticiper les évolutions scientifiques et technologiques, accompagner les porteurs de projets, mais aussi contribuer à leur déploiement dans les territoires.

Pour les acteurs de la e-santé, cette nouvelle organisation pourrait constituer une évolution majeure de leur environnement institutionnel. En rapprochant les équipes chargées des données, des infrastructures numériques, de la recherche et de l’innovation, elle ouvre la voie à une approche plus coordonnée des politiques publiques.

Plusieurs chantiers restent toutefois déterminants : poursuivre le déploiement des services numériques dans les pratiques, renforcer la cybersécurité, faciliter les échanges de données entre professionnels et accompagner les établissements et les acteurs médico-sociaux dans leurs usages.

La gouvernance des données de santé et leur utilisation pour la recherche ou l’intelligence artificielle occuperont également une place centrale, dans un contexte marqué par la mise en œuvre progressive de l’Espace européen des données de santé. Pour les entreprises et les start-up, l’attention se portera aussi sur la capacité de la nouvelle direction à rendre les dispositifs d’accompagnement plus lisibles et à faciliter le passage des expérimentations à un déploiement effectif.


La création de la DGRINES traduit une ambition : mieux relier les différentes composantes de l’innovation en santé, de la production de connaissances jusqu’à leur utilisation dans les parcours.

Reste désormais à observer comment cette organisation se traduira sur le terrain, dans ses relations avec les professionnels, les patients, les établissements, les chercheurs et les industriels. Sa réussite se mesurera notamment à sa capacité à rendre les innovations accessibles, utiles et intégrées aux pratiques, tout en maintenant un haut niveau de confiance dans les services et les données de santé.

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