Accueil A la uneSamsung transforme sa Galaxy Ring en outil de détection du risque d’apnée du sommeil

Samsung transforme sa Galaxy Ring en outil de détection du risque d’apnée du sommeil

par Rémy Teston

Samsung franchit une nouvelle étape dans la santé connectée avec sa Galaxy Ring. La bague pourra bientôt évaluer le risque d’apnée obstructive du sommeil grâce à une fonctionnalité autorisée par la FDA aux États-Unis, confirmant la montée en puissance des wearables dans le dépistage précoce et la prévention. Découverte.

Samsung poursuit son offensive dans la santé connectée. Le groupe sud-coréen a annoncé que sa Galaxy Ring intégrera prochainement une fonctionnalité de détection du risque d’apnée du sommeil ayant reçu le feu vert de la Food and Drug Administration américaine. Une évolution qui rapproche un peu plus les objets connectés grand public des usages de prévention et de dépistage en santé.

La fonctionnalité doit être déployée à partir de l’automne 2026 sur la bague connectée de Samsung. Selon l’entreprise, la Galaxy Ring deviendra alors la première bague connectée disponible sans ordonnance à avoir reçu une autorisation de la FDA pour évaluer le risque d’apnée du sommeil.

Une analyse du sommeil réalisée directement au doigt

La nouvelle fonctionnalité repose sur une version actualisée du dispositif Sleep Apnea de Samsung. L’entreprise avait soumis cette version 2.0 à la FDA dans le cadre d’une procédure 510(k) en mars 2026. L’agence américaine a estimé le 20 juillet qu’elle était substantiellement équivalente à un dispositif médical déjà commercialisé.

Concrètement, l’algorithme analyse les perturbations respiratoires observées pendant le sommeil. Il évalue le nombre de perturbations par heure avant de classer les résultats selon trois niveaux de risque.

L’utilisateur doit porter sa Galaxy Ring pendant son sommeil durant deux nuits, enregistrées sur une période maximale de dix jours. La fonctionnalité s’adresse aux adultes qui n’ont pas déjà reçu de diagnostic d’apnée du sommeil et vise à identifier des signes pouvant évoquer une forme modérée à sévère d’apnée obstructive.

Il ne s’agit toutefois pas d’un outil de diagnostic. Samsung rappelle que la fonctionnalité ne remplace ni l’évaluation d’un professionnel de santé ni une prise en charge médicale. Un résultat suggérant un risque doit donc servir de signal incitant l’utilisateur à consulter.

Samsung ne découvre pas le sujet. Dès 2024, le fabricant avait obtenu une autorisation De Novo de la FDA pour une fonctionnalité de détection des signes d’apnée du sommeil sur certaines Galaxy Watch.

Sur les montres compatibles, le dispositif analyse notamment les données d’oxygénation sanguine et de mouvement recueillies au cours de deux nuits. Samsung a depuis poursuivi le développement de cette technologie, notamment à travers une collaboration annoncée en 2025 avec Stanford Medicine afin d’améliorer la détection et d’explorer les services pouvant accompagner les utilisateurs après l’identification d’un risque.

L’arrivée de cette capacité sur une bague est cependant significative. Contrairement à une montre, parfois retirée pendant la nuit pour être rechargée ou simplement pour des raisons de confort, une bague connectée peut être plus facilement portée en continu. Ce format se prête particulièrement bien à l’observation du sommeil et à la collecte régulière de données physiologiques.

Lancée en 2024, la Galaxy Ring mesure déjà plusieurs indicateurs liés au sommeil, à l’activité physique et à la fréquence cardiaque. Elle peut également analyser les mouvements nocturnes, le temps nécessaire pour s’endormir et la température cutanée pendant la nuit.

L’apnée du sommeil, nouveau terrain de compétition des wearables

Samsung n’est pas seul à vouloir transformer les wearables en outils capables d’alerter sur des troubles potentiellement sous-diagnostiqués.

Apple a obtenu en septembre 2024 une autorisation de la FDA pour sa propre fonctionnalité de notification de l’apnée du sommeil sur Apple Watch. D’autres fabricants de bagues connectées, comme Happy Health ou Movano Health, ont également obtenu des autorisations réglementaires américaines pour certaines fonctions de suivi médical, même si la spécificité revendiquée par Samsung concerne ici l’évaluation du risque d’apnée du sommeil depuis une bague.

Cette concurrence montre à quel point le suivi du sommeil devient stratégique pour les fabricants d’objets connectés. Longtemps limitées à des scores de sommeil ou à des estimations du temps passé dans différentes phases nocturnes, les données captées par les wearables commencent à être exploitées pour identifier des signaux susceptibles d’avoir une véritable pertinence clinique.

L’annonce de Samsung illustre également une évolution importante du marché de la santé connectée : la frontière entre produit électronique grand public et dispositif de santé réglementé devient de plus en plus poreuse.

L’enjeu pour les industriels est désormais de transformer des données collectées passivement au quotidien en informations suffisamment fiables pour être utilisées comme signaux d’alerte. Le rôle de l’intelligence artificielle est central dans cette évolution. Dans le cas de la Galaxy Ring, Samsung utilise justement un algorithme pour interpréter les perturbations respiratoires et les convertir en une estimation du risque.

Cette évolution ne fait cependant pas disparaître le besoin de validation médicale. Elle pourrait plutôt contribuer à identifier plus tôt des utilisateurs qui ne se seraient pas spontanément tournés vers un professionnel de santé.

Samsung renforce sa stratégie de santé préventive

La détection de l’apnée du sommeil s’inscrit dans une stratégie plus large de Samsung autour de la santé préventive. Le constructeur multiplie les fonctionnalités permettant de suivre des paramètres cardiovasculaires, le sommeil, la récupération ou encore l’activité physique à partir de son écosystème Galaxy.

Ses nouvelles Galaxy Watch9 et Galaxy Watch Ultra2, présentées en juillet 2026, intègrent notamment une nouvelle génération de fonctionnalités de santé reposant sur l’analyse continue de données biométriques et des algorithmes d’intelligence artificielle. Samsung présente ces dispositifs comme des outils capables de transformer des données complexes en recommandations plus facilement compréhensibles par leurs utilisateurs.

Avec l’arrivée de la détection du risque d’apnée du sommeil sur la Galaxy Ring, cette logique s’étend désormais à un format plus discret et potentiellement mieux adapté au suivi nocturne. La date précise de disponibilité de la mise à jour n’a pas encore été communiquée par Samsung. Son lancement est néanmoins annoncé aux États-Unis pour l’automne 2026.

Au-delà du produit lui-même, cette annonce confirme surtout une tendance de fond : les objets connectés de santé ne cherchent plus seulement à mesurer davantage de données. Ils ambitionnent désormais de les interpréter afin d’orienter plus précocement leurs utilisateurs vers le système de soins. Une évolution qui ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention, mais qui impose aussi de maintenir une distinction claire entre détection d’un risque, dépistage et diagnostic médical.

Source : Samsung

Vous pouvez également aimer

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00