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HospiConnect : l’identité numérique hospitalière passe à la vitesse supérieure

par Rémy Teston

À l’hôpital, l’accès aux outils numériques ne peut plus reposer sur des identifiants fragiles ou des procédures hétérogènes d’un établissement à l’autre. Avec HospiConnect, l’Agence du Numérique en Santé (ANS) met en avant un cadre structurant pour fiabiliser l’identité numérique des professionnels du secteur hospitalier, renforcer la sécurité des accès grâce à l’authentification forte et accompagner le déploiement d’usages numériques en santé à grande échelle.

Dans un hôpital, l’accès aux applications cliniques et aux données de santé n’est plus seulement une question de confort informatique. C’est un enjeu de sécurité, de conformité et, très concrètement, de continuité des soins. Entre les mouvements de personnel, les intervenants externes, l’intérim, les accès d’urgence et la multiplication des services numériques en santé, l’identification électronique devient un socle critique du système d’information hospitalier.

C’est précisément ce que vient adresser HospiConnect, présenté par l’Agence du Numérique en Santé (ANS) comme une “bannière unifiée” pour déployer, dans le secteur hospitalier, une identité numérique fiable, maîtrisée et utilisable au quotidien, avec une authentification forte à deux facteurs.

Pourquoi HospiConnect arrive maintenant

Les exigences en matière de cybersécurité, de protection des données et de confiance numérique se renforcent à la fois au niveau national et européen. L’ANS inscrit HospiConnect dans cette trajectoire de l’identité numérique sectorielle, qui vise un cadre commun applicable à l’ensemble du système de santé, aligné avec la PGSSI-S et cohérent avec le règlement européen eIDAS sur l’identification électronique et les services de confiance.

Au-delà des textes, les établissements font face à une réalité opérationnelle : des sujets parfois traités séparément, avec beaucoup de technicité et de jargon, qui rendent la mise en œuvre difficile. L’ambition affichée est donc aussi une ambition de lisibilité : donner un cadre directement mobilisable, qui mette en cohérence les briques et les responsabilités.

HospiConnect, ce que c’est exactement

HospiConnect couvre “l’ensemble du périmètre opérationnel de l’identification électronique” dans le secteur sanitaire, depuis le cycle de vie des identités jusqu’aux modalités d’accès aux services numériques. Concrètement, l’ANS met l’accent sur quatre dimensions : la structuration des processus de gestion des identités, l’organisation des droits et des accès, l’usage de moyens d’identification électronique reposant sur une authentification à deux facteurs, et l’alignement avec les exigences de sécurité, de conformité et de traçabilité.

Autrement dit, HospiConnect ne se résume pas à “ajouter un second facteur”. Il pousse les établissements à traiter l’identité comme un processus continu, avec des règles, des rôles, des outils et une gouvernance, afin de sécuriser l’accès aux services numériques en santé de bout en bout.

Plus qu’un financement centré sur le DMP

Sur le terrain, HospiConnect a souvent été associé à l’accès au DMP depuis le DPI. Le portail Hospiconnect.fr insiste pourtant sur une lecture plus large : le programme s’inscrit dans la trajectoire nationale et européenne de sécurisation de l’identification électronique pour l’accès aux données de santé, et vise à “sécuriser et simplifier l’accès à l’ensemble des services numériques en santé”, pas uniquement au DMP.

Cette approche implique aussi de traiter des cas complexes du quotidien hospitalier, comme la gestion des identités pour des intervenants externes ou des situations d’urgence, et d’avancer vers une authentification forte via des moyens d’identification électronique conformes au Référentiel d’Identification Électronique (RIE) version 2, dans une logique de transformation globale du SI.

Les briques clés : identité, habilitations, authentification forte, parcours utilisateur

Si HospiConnect se veut un cadre, il renvoie aussi à des choix très concrets. D’abord, il y a la “fabrique” d’identité : comment créer, mettre à jour et fermer les comptes au bon moment, avec les bons attributs, et une traçabilité robuste. Ensuite, il y a l’habilitation : qui a le droit de faire quoi, dans quel contexte, et comment s’assurer que ces droits suivent les mouvements de personnel.

Vient enfin la question du parcours utilisateur. L’authentification à deux facteurs, indispensable pour renforcer le niveau de confiance, ne doit pas dégrader l’accès aux outils métiers, sinon elle sera contournée. D’où l’intérêt, souvent évoqué dans les retours d’expérience, de s’appuyer sur des briques de gestion des identités et des accès, et d’avancer vers des mécanismes type SSO ou fédération lorsque c’est pertinent, pour concilier sécurité et fluidité.

Le portail Hospiconnect.fr, positionné comme un espace d’information et de mise en relation, reprend cette logique : il présente HospiConnect comme un projet structurant “bien au-delà de la simple connexion au DMP”, et met en avant les exigences techniques autour de la gestion des identités, de la gestion des comptes, de l’authentification 2FA, et de l’accès au DMP via le DPI en mode intégré.

Un déploiement appuyé sur des relais régionaux

Autre point important : HospiConnect n’est pas pensé comme une démarche uniquement “descendante”. L’ANS explique s’appuyer sur des relais régionaux pour mobiliser les établissements, diffuser les orientations nationales et partager les ressources disponibles. L’objectif est de créer une dynamique locale, au plus près des contraintes de terrain, tout en gardant une cohérence nationale.

Cette logique territoriale est stratégique : l’identification électronique touche autant à l’organisation qu’à la technique. Sans accompagnement, sans retours d’expérience et sans alignement entre établissements d’un même territoire, les trajectoires se fragmentent.

L’articulation avec les services socles de l’ANS

HospiConnect s’inscrit aussi “en cohérence avec les services socles” portés par l’ANS, avec trois objectifs affichés : rester aligné avec les référentiels et cadres nationaux, garantir l’interopérabilité des solutions, et favoriser la convergence progressive des pratiques vers des usages sécurisés et harmonisés à l’échelle nationale et européenne.

Pour les DSI et RSSI hospitaliers, le message est clair : les choix techniques locaux doivent pouvoir s’inscrire dans une trajectoire d’ensemble, éviter les impasses, et faciliter l’adoption des services numériques en santé sur la durée.

Financements : HOP’EN 2 et CaRE, deux leviers complémentaires

La transformation portée par HospiConnect est soutenue par des programmes de financement nationaux, notamment HOP’EN 2 et CaRE, afin d’amorcer ou de poursuivre les travaux, de structurer les projets dans la durée et de mobiliser les investissements nécessaires à la montée en maturité.

Le portail Hospiconnect.fr détaille une lecture opérationnelle de cette complémentarité : CaRE finance plutôt le socle matériel lié aux moyens d’identification électronique, avec des factures éligibles à partir du 29 janvier 2026, tandis que HOP’EN 2 finance davantage la mise en œuvre des services (gestion des identités, SSO, fédération), avec des dépenses éligibles engagées à partir du 19 décembre 2025 et une logique d’enveloppe annuelle.

Hospiconnect.fr : un portail pour partager, mutualiser et accélérer

Dans ce paysage, Hospiconnect.fr se présente comme un “forum d’entraide” et un espace collaboratif pour réussir son projet HospiConnect. L’idée est simple : chaque établissement avance avec ses contraintes et ses points forts, et la mutualisation des retours d’expérience devient un accélérateur de conformité, notamment à l’approche de la généralisation du RIEv2.

Cette dimension communautaire est loin d’être accessoire. Elle répond à une réalité : la mise en conformité ne se joue pas uniquement sur une fiche d’exigences, mais dans la capacité à traduire un cadre national en choix techniques, en procédures RH, en règles d’habilitation et en usages acceptables au quotidien.

Ce que HospiConnect change pour les établissements

HospiConnect installe une nouvelle norme de fait : l’accès aux services numériques en santé doit reposer sur une identité numérique robuste, une gestion maîtrisée du cycle de vie, des droits cohérents, et une authentification forte qui ne sacrifie pas l’ergonomie. En fédérant les établissements autour d’une bannière commune, l’ANS vise une dynamique collective au service d’un accès “sécurisé, fluide et maîtrisé” aux services numériques en santé, au bénéfice des professionnels, des établissements et, in fine, des patients.

Dans les mois qui viennent, les projets HospiConnect auront donc tout intérêt à être pensés comme des projets de transformation, au croisement du SI, de la cybersécurité, des RH et des usages métiers. Et c’est précisément là que le cadre HospiConnect peut devenir un levier : clarifier, structurer, et accélérer le passage à une identité numérique hospitalière de confiance.

Source : Agence du Numérique en Santé

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