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A la rencontre d’Adam Selamnia

par Rémy Teston

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France. Aujourd’hui, partons à la rencontre d’Adam SELAMNIA, co-fondateur de e-Health Services.

Photo AMSBonjour Adam. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bien sûr Rémy ! Tout d’abord merci pour cette proposition. Scientifique de formation, je suis entrepreneur depuis près de 15 ans. Après près de 8 ans passé dans le développement international pharmaceutique et depuis 2008, je me suis consacré progressivement à l’e-santé pour arriver à la création avec Hervé SERVY de notre start-up e-Health services qui développe notamment le service Sanoia.com. En fait, ma première expérience en e-santé remonte en 1997, soit près de 10 ans auparavant, avec la création d’un portail santé en Algérie avec amis algériens dont la plupart sont aujourd’hui en poste à l’OMS à Genève ou en Afrique.

Peux-tu nous dire quelques mots sur Sanoia ?

Il s’agit d’un service gratuit et sécurisé qui permet de suivre sa santé, stocker ses données essentielles, et contribuer à la recherche médicale. Concrètement, quand on est atteint d’une maladie chronique -comme 15 millions de français- on peut par exemple, s’évaluer selon des scores validés, puis, partager ces données avec son médecin pour optimiser son temps de consultation et éclairer ses décisions. Enfin, car on ne choisit pas quand on tombe malade, on peut accéder à ses données en 5 Langues en 2 clics.

Nous développons des modules spécifiques à certaines pathologies en collaboration avec des sociétés savantes comme la Société Française de Rhumatologie (SFR) ou le Groupe d’Étude Thérapeutique des Affections Inflammatoires du Tube Digestif ou avec des Associations de Patients comme l’AFLAR (Affections Rhumatismales), l’ANDAR (Polyarthrite Rhumatoïde) ou encore l’AFA (Maladies Chroniques inflammatoires intestinales).

Ces développements nous ont permis de réaliser plusieurs publications dans des congrès nationaux ou internationaux.

Observateur de l’e-santé depuis de nombreuses années, quel regard portes-tu sur l’émergence de nombreuses start up ces derniers mois ?

A l’échelle internationale, l’e-santé bénéficie actuellement d’une dynamique sans pareil avec comme souvent les USA en pointe. En Europe, nous ne sommes pas particulièrement en retard par rapport aux américains et ce serait même le contraire sur les questions de vie privée. A ce titre, l’actualité parle pour nous puisque Apple a fait savoir avant même sa commercialisation que les données de santé qui seront issues de son programme HealthKit ne pourraient être stockées par ses partenaires développeurs. En revanche Apple ne s’est pas privé d’initier des partenariats avec de grands assureurs aux USA…. Il est évident qu’Apple cherche à protéger ses données et peut-être à éviter qu’elles ne tombent dans les mains par exemple d’un Google qui aurait de quoi les rapprocher des données dont il dispose déjà pour une grande partie d’entre nous …

De nombreuses start-up sont plutôt positionnées dans le bien-être et hésitent à franchir le Rubicon qui les séparent de la santé, tant ce domaine est fortement encadré sur le plan réglementaire et nécessite des connaissances pointues.

Dans les faits, il y a pour moi deux mondes complémentaires. Le premier est celui de ceux oeuvrant dans le domaine médical avec des produits et services impliquant d’une manière ou d’une autre les professionnels de santé. Le second, celui du bien-être voir du fitness s’adressant au grand public, souvent porté par des effets de modes et fortement compétitif, plus risqué mais plus ouvert. On a donc vu ces derniers mois beaucoup de start-ups s’engouffrer dans ce second marché avec l’arrivée à maturité de technologies notamment mobiles. Il est fort probable qu’une large part d’entre elles ne soit plus là d’ici à la fin de cette décennie pour ne pas dire bien avant.

Pour finir, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

La France se caractérise par une combinaison de quatre points majeurs qui en font un pays très particulier. En premier, son système de couverture sociale qui créé et c’est une chance pour nous un rapport distant entre l’acte médical et la paiement, donnant parfois l’illusion d’une gratuité aux usagers. En second, nous avons l’un des cadres réglementaires les plus stricts avec nos voisins allemands. Il est clair que les initiatives qui ne prennent pas en compte ces particularités, pour faire de ces contraintes une force, sont vouées à un avenir incertain. Nous l’avons récemment vu avec la levée de bouclier des associations de patients qui dénonçaient des approches ostensiblement mercantiles. Les troisièmes et quatrièmes points sont une transition démographique favorisant la demande de nouveaux services et enfin forte pénétration de l’Internet et du mobile produisant parmi les coûts d’accès les plus bas d’Europe.

Fort heureusement, nous avons en France, un écosystème dynamique et nous le savons bien tous deux pour avoir vu de nombreux projets naître depuis la création de la communauté #hcsmeufr devenue le Club Digital Santé.

On a récemment vu de nombreux groupes français se lancer dans ce marché comme Terraillon, SEB ou encore Décathlon du groupe Auchan. J’aurai aimé effectivement qu’ils en profitent aussi pour soutenir cet écosystème à l’image de ce qui se fait outre-Atlantique.

Il y a je crois un avenir radieux dans la rencontre de ces deux mondes et pour tous ceux qui veulent accompagner nos concitoyens et ces professionnels désireux de se retrouver dans une médecine participative respectueuse des aspirations et des équilibres de leur relation et des comptes publics.

Pour aller plus loin : www.sanoia.com ; @mselamnia

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