Accueil A la uneRéseaux sociaux et adolescents : l’alerte de l’ANSES sur les risques pour la santé mentale et le bien-être

Réseaux sociaux et adolescents : l’alerte de l’ANSES sur les risques pour la santé mentale et le bien-être

par Rémy Teston

Dans un rapport d’expertise publié en décembre 2025, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) tire la sonnette d’alarme sur les effets préoccupants de l’usage des réseaux sociaux numériques sur la santé des adolescents. Présentation.

Fruit de plusieurs années de travail, cette analyse s’appuie sur un corpus scientifique dense et met en évidence une réalité préoccupante : si les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle positif dans la socialisation et l’expression de soi, ils exposent aussi les adolescents à des risques accrus pour leur santé mentale, leur sommeil, leur estime de soi et leur bien-être global.

L’adolescence, période charnière du développement, est marquée par une recherche identitaire et une forte sensibilité à l’environnement social. C’est justement cette vulnérabilité que viennent exacerber les mécanismes d’addiction, de comparaison sociale et de captation de l’attention mis en œuvre par les plateformes numériques. Selon l’ANSES, des pratiques telles que l’exposition répétée à des contenus idéalisés, l’usage de filtres ou la quête permanente de validation sociale favorisent l’insatisfaction corporelle, les troubles anxiodépressifs et l’altération du sommeil. Les adolescentes apparaissent particulièrement touchées, notamment en raison d’une plus grande exposition aux contenus visuels et d’une pression sociale plus marquée liée aux stéréotypes de genre.

Le rapport souligne également la montée des comportements à risque, encouragés par certains contenus ou challenges viraux, ainsi que l’exposition croissante aux cyberviolences, notamment au cyberharcèlement et au sexting non consenti. Ces pratiques ont des répercussions sévères sur la santé psychologique : augmentation des idées suicidaires, troubles du comportement, automutilations. Les adolescents LGBTQIA+ ou souffrant de troubles neurodéveloppementaux sont identifiés comme particulièrement vulnérables.

Au-delà de l’individu, l’ANSES alerte sur les effets systémiques : fatigue cognitive, dégradation des résultats scolaires, sédentarité, surexposition à la lumière bleue ou encore impact environnemental du numérique. L’expertise pointe du doigt la responsabilité des plateformes, dont les modèles économiques reposent sur le temps passé et l’engagement des utilisateurs, souvent au détriment de leur santé. Les interfaces persuasives, les algorithmes de recommandation ou les contenus amplifiant les comportements délétères sont mis en cause.

Face à cette situation, l’Agence formule une série de recommandations fortes. Elle appelle à la mise en place d’un cahier des charges obligatoire pour l’accessibilité des réseaux sociaux aux mineurs, comprenant des vérifications d’âge, des interfaces par défaut protectrices, des limites d’usage et une régulation renforcée des contenus. L’ANSES préconise également le développement d’une véritable éducation au numérique, associant les adolescents, les familles et les établissements scolaires, ainsi qu’un soutien renforcé à la recherche sur ces thématiques afin d’adapter les politiques publiques aux évolutions rapides des usages et technologies.

Ce rapport s’inscrit dans un débat de plus en plus vif autour de la santé mentale des jeunes à l’ère numérique. Alors que les réseaux sociaux structurent une part croissante de leur vie relationnelle et émotionnelle, l’urgence est désormais de mieux encadrer, d’éduquer et d’accompagner ces usages. L’ANSES le rappelle : c’est une question de santé publique, mais aussi de responsabilité collective.

Source : ANSES

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