Vous l’attendiez ? Le Voici ! Nous vous dévoilons avec LauMa Communication le bilan du 2ème trimestre 2026 de la socialmediasphère pharma en France via notre baromètre #BeyondTheScore pour comprendre les usages, identifier les bonnes pratiques et les tendances. Un trimestre qui confirme une évolution silencieuse mais profonde : les dirigeants deviennent les premiers vecteurs d’influence de leur entreprise.
Linkedin : des pages toujours actives
Après un 1er trimestre encore très marqué par les vœux, les séminaires internes, la marque employeur et les premiers temps forts scientifiques de l’année, le 2e trimestre 2026 semble confirmer une évolution nette des usages LinkedIn des laboratoires pharmaceutiques en France. La plateforme n’est plus seulement un espace de visibilité institutionnelle ou RH. Elle devient un canal d’influence, de valorisation scientifique, de preuve d’impact et de mise en récit des transformations du secteur.
La tendance de fond reste la même : LinkedIn demeure le réseau social le plus naturel pour les comptes corporate pharma. Mais la tonalité évolue. Les laboratoires s’y expriment désormais avec davantage d’intention éditoriale :
- moins de posts isolés, davantage de séquences
- moins de communication descendante, davantage d’incarnation
- moins de discours générique sur “l’innovation”, davantage de preuves concrètes autour des parcours de soins, de l’IA, de la production, de l’attractivité et de l’accès au progrès thérapeutique.
Le 2e trimestre confirme une évolution majeure : LinkedIn devient pour les laboratoires pharmaceutiques en France un canal de réputation active. La plateforme sert à recruter, certes, mais aussi à influencer, expliquer, rassurer, mobiliser et démontrer.
Avec 29 250 abonnés en moyenne au 30/06/2026 (versus 27 732 au 31/03/2026), les laboratoires pharmaceutiques ont augmenté leur nombre d’abonnés de 5,47 % en moyenne lors du T2 2026. 3 d’entre eux ont même une croissance de plus de 10 % : AbbVie France (53 %), Zentiva France (36 %) et Sandoz France (13 %).
Côté activité, on observe une légère baisse. En moyenne, chaque page LinkedIn a publié 21 posts lors du 2e trimestre 2026. À noter, plus d’1 page sur 3 a moins publié lors du T2 que lors du T1. Les pages les plus actives sur ce trimestre sont Servier France, Chiesi France et Johnson & Johnson Innovative Medicine France.
Un impact également observé sur l’engagement. Le T2 2026 confirme le recul de l’engagement suscité par les pages LinkedIn des entreprises pharmaceutiques. En moyenne, chaque post à suscité 87 réactions versus 99 lors du T1. 1 page sur 2 a enregistré moins de réactions lors du T2 que lors du T1, d’1 réaction en moins en moyenne par post à 84 réactions en moins. Des résultats qui s’inscrivent dans une tendance globale de la plateforme qui privilégie les profils aux pages.
Une ligne éditoriale plus stratégique : LinkedIn devient un média d’influence sectorielle
Au 2e trimestre 2026, la ligne éditoriale des laboratoires gagne en maturité. Les comptes corporate ne se contentent plus de relayer les communiqués, les événements internes ou les campagnes RH. Ils cherchent à occuper un territoire d’expertise dans le débat santé. Les prises de parole autour des investissements industriels et de la nécessité d’un environnement pro-innovation traduisent une communication plus “affaires publiques”, où LinkedIn devient un espace de plaidoyer économique et sanitaire.
La ligne éditoriale devient donc plus hybride : corporate, scientifique, RH, institutionnelle et politique au sens noble du terme. Les laboratoires ne parlent plus uniquement d’eux-mêmes, ils cherchent à dire quelque chose de leur rôle dans le système de santé.
La marque employeur reste centrale, mais elle devient plus relationnelle
La marque employeur demeure l’un des piliers majeurs de LinkedIn pour les laboratoires pharmaceutiques en France. Mais au 2e trimestre, elle évolue vers des contenus plus relationnels, plus quotidiens, moins “campagne RH” et plus “culture d’entreprise vécue”. AbbVie France illustre bien ce mouvement avec des contenus autour de la convivialité interne, comme le “Déjeuner mystère”, pensé pour montrer la qualité des liens entre collaborateurs, la découverte des parcours et la création de connexions au sein de l’entreprise. Ce type de post traduit une évolution importante : on ne valorise plus seulement les labels employeurs, on montre la culture d’entreprise dans ses micro-rituels.
Cette tendance confirme que la marque employeur pharma sur LinkedIn passe d’une logique de communication institutionnelle à une logique d’expérience : montrer ce que signifie concrètement travailler dans un laboratoire, avec des valeurs incarnées par les équipes.
Les thématiques scientifiques se rapprochent des parcours de soins
Le 2e trimestre 2026 confirme également une montée en puissance des contenus scientifiques et médicaux, mais avec une évolution notable : les laboratoires ne parlent pas uniquement d’aires thérapeutiques ou de congrès, ils mettent davantage l’accent sur les parcours, l’organisation des soins et l’expérience patient. Johnson & Johnson Innovative Medicine France en donne un exemple avec son retour sur la SFH 2026, centré sur des projets menés avec des centres hospitaliers autour de l’organisation des parcours en hématologie, de l’hospitalisation de jour, de l’HAD, de la coordination ville-hôpital et de la voix des patients. La tendance est claire : les contenus médicaux deviennent plus systémiques. Ils ne parlent plus seulement de science, mais de transformation des pratiques, de coopération et de parcours.
Autre évolution du trimestre : le discours sur l’innovation se précise. L’IA, la biotech, les biosimilaires, la production, la donnée ou les traitements de spécialité ne sont plus seulement des mots-clés. Ils deviennent des éléments de positionnement stratégique.
Ce glissement est intéressant : LinkedIn devient un lieu où les laboratoires peuvent “mettre en récit” leur transformation industrielle et technologique, sans tomber dans la communication produit. L’innovation y est présentée comme un levier de performance, d’impact patient, d’attractivité et de souveraineté.
Les formats évoluent vers plus de vidéo, de retours en images et de séquences événementielles
Sur le plan des formats, le 2e trimestre 2026 confirme plusieurs tendances fortes. La première est la montée des formats vidéo ou “retour en vidéo”, particulièrement pour les congrès, événements scientifiques et prises de parole institutionnelles.
La deuxième est la généralisation du “retour en images”. Ce format reste très utilisé parce qu’il est simple, compatible avec la conformité, et efficace pour valoriser les temps forts : séminaires, congrès, conventions, rencontres internes, événements partenaires. Il permet de montrer l’engagement sans entrer dans une communication trop promotionnelle.
La troisième est l’usage des carrousels, visuels institutionnels et posts photo qui restent très présents, mais qui tendent à devenir des supports d’une narration plus complète : moins de simple affiche, davantage de récit autour d’une initiative, d’un engagement ou d’un événement.
Social CEO : le dirigeant devient un média d’influence
Au 2e trimestre 2026, la tendance “Social CEO” dans l’industrie pharmaceutique en France franchit une nouvelle étape. Les dirigeants ne sont plus seulement des relais occasionnels de la communication corporate. Ils deviennent progressivement des figures d’incarnation, capables de porter une vision, d’installer un récit stratégique et de donner une tonalité plus humaine à des entreprises souvent perçues comme institutionnelles.
Cette évolution reste hétérogène selon les laboratoires. Tous les dirigeants pharma ne publient pas avec la même fréquence ni le même niveau d’exposition personnelle. Mais une dynamique se confirme : sur LinkedIn, la parole du dirigeant devient un actif de réputation.
Avec près de 249 nouveaux abonnés en moyenne entre le 31/03/2026 et le 30/06/2026, les CEO & GM accélèrent leur progression sur LinkedIn. À noter, les plus fortes progressions du trimestre sont Pierre Boyer de Servier France (+ 18%), Antoine Bordereau de Leo Pharma France (+ 15%) et Bruno Rhabiller de Takeda France (+14 %). En nombre d’abonnés, un classement dominé par Pascal Houdayer (Boiron), Clarisse Lhoste (MSD France), Thibault Desmaret (GSK France) et Etienne Tichit (Novo Nordisk France).
Après une pause en début d’année, l’activité des CEO a repris sur LinkedIn. En moyenne, ils ont publié 5,33 posts lors du T2 versus 4,27 pour le T1. Les 10 CEO les plus actifs ont publié à eux seuls 143 posts soit une moyenne de 4,77 posts par personnes et par mois. À lui seul Étienne Tichit de Novo Nordisk a publié 31 posts soit quasiment 1 post tous les 2 jours ouvrés. Parmi les autres contributeurs ont retrouve Pascal Houdayer (Boiron), Reda Guiha (Pfizer France) ou Auriane Cano Chancel (AstraZeneca).
Comme lors du T1 2026, le classement des CEO & GM en fonction de leur taux moyen mensuel de réactions par post montre qu’à l’heure de 360 Brew la cohérence des publications avec les éléments du profils (titre, résumé, sélection…) est un impératif… et que les annonces de nominations suscitent toujours autant de réactions. Sur cet indicateur un classement dominé par Frédéric Jumel (Teva Santé), Vincent Pont (Arrow Generiques) et Bruno Rabilier (Takeda France).
La première évolution du trimestre est le passage d’une posture de relais à une posture de porte-voix. Le dirigeant contextualise, explique, donne du sens et relie les annonces de l’entreprise aux grands enjeux du moment : innovation, attractivité industrielle, accès aux traitements, souveraineté, transformation numérique, place de la France dans la recherche.
Au cours de ce trimestre, les dirigeants pharma s’expriment davantage sur les conditions de transformation du secteur. Le Social CEO devient un levier d’affaires publiques : il permet de défendre la place de l’innovation, de rappeler l’importance de l’investissement industriel, ou encore de valoriser la contribution des laboratoires à l’économie de la santé. Cette parole reste maîtrisée et devient plus stratégique. Elle cherche à influencer la perception des décideurs, des partenaires, des talents et de l’écosystème santé.
Autre signal du trimestre : les nominations de dirigeants deviennent des contenus stratégiques à part entière. L’annonce de l’arrivée de Frédéric Jumel comme General Manager de Teva Santé, au 1er juin 2026, n’est pas seulement traitée comme une actualité RH. Elle sert à réaffirmer une trajectoire : héritage dans les génériques, développement des biosimilaires, traitements de spécialité, excellence opérationnelle et innovation au service des patients, des aidants et des professionnels de santé.
Cette tendance montre que le dirigeant est utilisé comme un symbole de cap. Son parcours, son expérience internationale, son expertise et sa vision deviennent des éléments du récit de transformation de l’entreprise.
Sur le plan des formats, le Social CEO pharma évolue également. Le post de dirigeant ne se limite plus à une annonce formelle ou à une photo officielle. Les formats les plus visibles au T2 s’organisent autour de plusieurs codes : retour d’expérience d’événement, prise de position courte, citation forte, récit de visite terrain, valorisation d’équipes, commentaire sur un enjeu sectoriel, repost contextualisé d’une actualité corporate.
Le repost reste fréquent, mais il devient plus efficace lorsqu’il est accompagné d’un commentaire personnel : pourquoi ce sujet compte, ce qu’il dit de l’entreprise, ce qu’il révèle du système de santé, ce qu’il change pour les patients ou pour les équipes. C’est précisément cette couche d’interprétation qui distingue un dirigeant “actif” d’un dirigeant simplement “présent”.
Si on devait résumer l’évolution du trimestre : passage du dirigeant qui publie au dirigeant qui influence.
Instagram institutionnel : la mue se poursuit
Au 2e trimestre 2026, les comptes corporate Instagram des laboratoires pharmaceutiques en France poursuivent leur mue. Après un 1er trimestre marqué par la normalisation de la présence Instagram, la montée des Reels, les portraits collaborateurs et les premières mini-séries pédagogiques, le T2 confirme une tendance forte : Instagram devient moins une simple vitrine d’image qu’un canal d’activation de proximité, à mi-chemin entre sensibilisation grand public, marque employeur, engagement sociétal et récit de terrain.
L’évolution est particulièrement intéressante car elle ne suit pas exactement celle de LinkedIn. Là où LinkedIn sert davantage l’influence institutionnelle, l’expertise et la prise de parole des dirigeants, Instagram reste le territoire du sensible, du visuel, du quotidien et de la pédagogie simplifiée. Pour les laboratoires actifs, l’enjeu n’est pas seulement d’être présents, mais de trouver le bon dosage entre conformité, utilité et codes de plateforme.
Avec 5 913 abonnés en moyenne, les comptes Instagram corporate a peu progressé en trois mois (10 nouveaux abonnés en moyenne versus T1).En tête de ce classement, on retrouve Boiron (30 565 abonnés) suivi de Sanofi en France (14 534), Amgen France (9 189) et Bristol Myers Squibb France (3 737). À noter, les comptes ayant plus de 10 % de croissance sont Lilly France (+13,2 %), AbbVie France (+14,19 %) et Amgen France (+ 15,75 %).
La productivité marque également un léger recul. En moyenne chaque compte a publié 19,25 posts lors du T2 versus 19,83 pour le T1.
Des comptes qui engagent moins. Avec une baisse de plus de 50 % du taux d’interaction par post d’un trimestre à l’autre, les comptes corporate des entreprises pharmaceutiques ont réellement eu du mal à engager leur public lors du T2 2026.
Une ligne éditoriale plus “grand public”, mais encore très cadrée
La première évolution du T2 tient à la tonalité. Les comptes corporate pharma semblent assumer davantage une prise de parole pensée pour Instagram, et non plus simplement adaptée depuis LinkedIn. Le vocabulaire devient plus accessible, les visuels plus incarnés, les contenus plus courts, les formats plus rythmés.
Cette évolution prolonge ce qui était déjà observable au T1 : les comptes corporate pharmaceutiques en France avaient accéléré leur “normalisation” Instagram, avec davantage de récits courts, de séries et de contenus pensés pour la plateforme plutôt qu’une simple reprise de codes institutionnels. Le T2 ne rompt pas avec cette dynamique, il l’installe dans la durée.
La ligne éditoriale dominante peut donc se résumer ainsi : humaniser sans trop personnaliser, vulgariser sans simplifier à l’excès, montrer sans basculer dans la promotion. Les laboratoires cherchent à donner à voir leur rôle dans la santé, mais avec des contenus plus émotionnels, plus visuels et plus conversationnels que sur LinkedIn.
La prévention devient le cœur du réacteur éditorial
Au T2 2026, la prévention et la sensibilisation restent les thématiques les plus naturelles pour Instagram. Elles permettent aux laboratoires d’occuper leurs territoires thérapeutiques sans entrer dans une communication produit. C’est particulièrement visible sur les sujets de santé des femmes, de maladies chroniques, de dermatologie, de neurosciences, de santé mentale, de migraine, d’aidance ou de qualité de vie. Instagram n’est plus seulement un canal de relais d’une journée mondiale ou d’un message de prévention isolé. Il devient un support de campagne scénarisée, avec personnages, épisodes, rythme éditorial et amplification média. La prévention prend alors une forme plus narrative : on ne parle plus seulement d’un sujet, on accompagne une situation de vie.
La marque employeur se fait plus immersive et moins statutaire
La marque employeur reste un pilier fort, mais elle se transforme. Sur LinkedIn, elle prend souvent la forme de posts sur les métiers, les labels, les événements RH ou les engagements internes. Sur Instagram, elle devient plus immersive : coulisses, portraits, équipes, événements, moments informels, scènes de site, participation à des actions solidaires ou sportives. Le T2 2026 renforce cette logique de “preuve par l’image”. Les laboratoires cherchent moins à affirmer qu’ils sont des employeurs attractifs qu’à montrer la vie interne : collaborateurs en situation, événements collectifs, initiatives de terrain, culture d’entreprise, convivialité, engagement associatif.
La RSE et l’impact sociétal prennent une forme plus visuelle
La RSE reste une thématique transversale, mais elle se raconte différemment sur Instagram. Les contenus privilégient les images d’actions concrètes : mobilisation des équipes, journées de sensibilisation, initiatives environnementales, inclusion, diversité, partenariats associatifs, événements internes. Boiron, Chiesi, Sanofi, BMS ou J&J Innovative Medicine France s’inscrivent particulièrement dans cette logique de récit par l’engagement. Le format Instagram permet de donner une dimension plus chaleureuse à des sujets souvent traités de manière institutionnelle sur LinkedIn. Il rend la RSE plus incarnée, parfois plus locale, et moins abstraite. Au T2, cette tendance s’intensifie avec les temps forts du printemps : événements solidaires, journées mondiales, engagements environnementaux, actions de terrain, rencontres associatives.
Des passerelles vers des communautés
L’une des évolutions les plus notables du T2 est la fonction de passerelle. Les comptes corporate ne portent pas toujours seuls la relation avec les publics. Ils orientent vers des campagnes dédiées, des comptes thématiques, des associations, des influenceurs santé ou des dispositifs de sensibilisation. Cette évolution est importante pour le baromètre : elle montre que l’analyse des seuls comptes corporate ne suffit plus toujours à mesurer la stratégie Instagram d’un laboratoire. Certaines prises de parole majeures se jouent dans un écosystème élargi : compte institutionnel, compte thématique, campagne sponsorisée, association partenaire, créateur de contenu, professionnel de santé ou ambassadeur. Instagram devient ainsi un carrefour. Le compte corporate reste le point d’ancrage, mais la portée et l’impact se construisent souvent ailleurs, dans des formats plus conversationnels et plus proches des communautés concernées.
Les Reels s’installent comme format pivot, mais le carrousel reste indispensable
Sur le plan des formats, le T2 confirme la montée en puissance de la vidéo courte. Le Reel est désormais le format le plus adapté pour les contenus de coulisses, les interviews rapides, les mini-séries pédagogiques, les campagnes de sensibilisation ou les retours d’événements.
Mais le carrousel reste un format clé. Il demeure particulièrement adapté à la pharma parce qu’il permet d’expliquer, de structurer et de maîtriser le message. Pour les sujets de prévention, de pédagogie santé, de chiffres clés ou de “vrai/faux”, le carrousel conserve un avantage : il offre un espace plus contrôlé que la vidéo, avec une lecture progressive et un niveau de validation plus facile à sécuriser.
Le principal enseignement du T2 est donc clair : Instagram n’est plus un canal secondaire ou décoratif pour la pharma. C’est un espace d’image, de confiance et d’utilité, à condition d’en respecter les codes. Les laboratoires les plus performants ne seront pas nécessairement ceux qui publient le plus, mais ceux qui sauront construire une ligne claire, reconnaissable, utile et compatible avec les usages réels de la plateforme.
Instagram : les comptes de marque deviennent de vraies plateformes éditoriales
Entre le 1er trimestre et le 2e trimestre 2026, l’évolution des comptes Instagram de marque portés par les laboratoires pharmaceutiques en France est moins une rupture qu’un changement de maturité. Au T1, les comptes restaient encore largement structurés autour de séquences de sensibilisation, de contenus pédagogiques et de temps forts santé publique. Au T2, ils basculent davantage vers une logique de présence continue, avec des contenus plus utiles, plus incarnés et plus proches du quotidien des patients.
La tendance de fond est claire : ces comptes ne sont plus seulement des relais de campagnes disease awareness. Ils deviennent des plateformes éditoriales de relation, à mi-chemin entre le média santé, la communauté patient et le service d’orientation.
A l’instar du périmètre d’analyse des comptes corporates, le périmètre des comptes thématiques / aire thérapeutique se réduit. De fait, Boxons La Sep et Papillomavirux étant inactif depuis de nombreux mois, ils n’intègrent plus BeyondTheScore.
Après une année 2025 avec peu de changement, il est à noter les comptes thématiques progressent depuis le début 2026 : +10,96 % d’abonnés lors du T1, et + 12,91 % lors du T2. La Chaine Rose domine ce classement avec 14 863 abonnés suivi de la Voix des patients (14 556), Parlons dépression (7 764) et Parlons Migraine (6 117).
Si la production éditoriale est restée stable lors du 2e trimestre, le taux d’interactions moyen par post n’a pas suivi. Il passe de 17,86 % lors du T1 2026 à 11,34 % lors du T2.
Moins de “temps fort”, plus de continuité éditoriale
Au 1er trimestre, l’animation Instagram restait encore très rythmée par les grandes séquences calendaires : Mars Bleu pour le cancer colorectal, la santé mentale comme grande cause nationale, le rattrapage vaccinal HPV, ou encore le début de saison des allergies. Au 2e trimestre, l’agenda reste important, mais il devient moins central. Les comptes évoluent vers une présence plus régulière, moins dépendante des journées mondiales. La logique n’est plus seulement : “un sujet, une date, une campagne”. Elle devient : “une pathologie, une communauté, des rendez-vous”. C’est particulièrement visible sur les univers cancer, SEP, dépression, migraine ou allergies, où les comptes cherchent davantage à accompagner dans la durée qu’à produire un pic de visibilité ponctuel.
Au T1, la ligne éditoriale dominante était celle de la pédagogie : expliquer une pathologie, déconstruire les idées reçues, vulgariser un parcours ou rappeler les bons réflexes. Au T2, cette pédagogie ne disparaît pas, mais elle s’enrichit d’une dimension plus relationnelle. Les comptes se positionnent de plus en plus comme des espaces d’accompagnement.
Autre évolution notable entre le T1 et le T2 : la place du patient change de nature. Au 1er trimestre, les témoignages servaient souvent à incarner une pathologie ou à donner un visage à une campagne. Au 2e trimestre, ils deviennent davantage un pilier éditorial en soi. Le patient n’est plus seulement celui qui raconte, il devient celui qui éclaire le vécu, les angles morts du parcours, les difficultés du quotidien et les ressources qui peuvent aider. Cette logique de récit prend encore plus de poids, car elle correspond aux codes d’Instagram : authenticité, vécu, identification rapide, émotion maîtrisée.
Les thématiques du T2 : quotidien, symptômes invisibles et ressources pratiques
Au 1er trimestre, les thématiques étaient très orientées prévention : dépistage, vaccination, compréhension des maladies, sensibilisation grand public. Au 2e trimestre, elles s’élargissent vers les usages du quotidien : mieux vivre avec une maladie, parler aux proches, gérer la fatigue, anticiper les crises, trouver des soins de support, comprendre ses symptômes, s’orienter vers les bonnes ressources.
La SEP en est un bon exemple. Le mois de mai a constitué un temps fort majeur, avec une campagne nationale de France Sclérose en Plaques déployée autour de la Journée mondiale du 30 mai 2026, incluant une présence média, TV et affichage digital en gare. Pour des comptes comme @lumieresurlasep, ce contexte crée un terrain éditorial favorable : faire connaître la maladie, mais surtout rendre visibles les symptômes invisibles, la fatigue, l’imprévisibilité et l’impact sur la vie sociale.
Les allergies suivent une logique similaire. Au T1, @ma.vie.dallergik pouvait s’appuyer sur l’arrivée du printemps et les premiers pics polliniques. Au T2, le sujet devient plus directement expérientiel : vivre la saison pollinique, adapter ses habitudes, reconnaître les symptômes, gérer l’environnement.
Les formats : le Reel s’impose, mais le carrousel reste la “preuve utile”
Côté formats, le passage du T1 au T2 confirme une hiérarchie. Au T1, les comptes utilisaient encore beaucoup le carrousel pédagogique, les visuels de sensibilisation et les posts liés aux journées mondiales. Au T2, le Reel devient encore plus central pour raconter, incarner et faire émerger un contenu dans l’algorithme.
Les Reels sont particulièrement adaptés aux récits courts : une patiente qui raconte une difficulté, un expert qui répond à une idée reçue, une situation du quotidien mise en scène, un message de soutien autour d’une pathologie invisible. Ils permettent d’installer une relation émotionnelle rapide, essentielle sur des sujets comme la dépression, la migraine, la SEP ou le cancer.
Mais le carrousel ne disparaît pas, loin de là. Il devient même le format de la preuve utile. Sur des sujets sensibles comme le HPV, les allergies, la dépression ou les soins de support, il permet de structurer une information, de la rendre sauvegardable et de produire un contenu “référence”. C’est un format qui répond bien aux contraintes réglementaires de la pharma : il cadre le propos, limite l’ambiguïté, permet d’insérer des précautions et favorise une lecture progressive.
Créé par Buzz E-santé et LauMa communication début 2021, #BeyondTheScore est le baromètre qui analyse, trimestre après trimestre, la présence et les tendances social media des laboratoires pharmaceutiques en France.