Un décret publié le 18 juin 2026 officialise la création d’une nouvelle direction générale au sein du ministère de la Santé. En fusionnant les compétences liées à la recherche clinique, à l’innovation médicale et au numérique, cette structure unifiée vise à moderniser la gouvernance du système de soin et à accélérer l’intégration des progrès scientifiques au bénéfice des patients. Présentation.
Par le décret numéro 2026-523 du 18 juin 2026, le gouvernement a acté la création de la Direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé. Cette décision marque une volonté claire de moderniser la gouvernance du système de soin en réunissant sous une même bannière hiérarchique des compétences autrefois dispersées entre plusieurs entités ministérielles.
L’apparition de cette nouvelle direction générale répond à la nécessité d’unifier la vision stratégique de l’État face aux mutations technologiques et scientifiques. Jusqu’à présent, la Délégation au numérique en santé gérait la feuille de route technologique, tandis que la Direction générale de l’offre de soins et le Secrétariat général des ministères sociaux se partageaient la recherche appliquée et le suivi des innovations. En fusionnant ces forces, le ministère de la Santé crée un interlocuteur unique capable de piloter la transformation du système sanitaire de manière transversale, du laboratoire de recherche jusqu’au lit du patient.
Les missions confiées à cette entité s’articulent autour de trois grands piliers interconnectés. Le premier concerne la recherche appliquée et la prospective. En collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la nouvelle direction aura la charge de définir la stratégie nationale de recherche en santé. Cela englobe la fixation des priorités scientifiques, l’organisation des financements et le pilotage d’appels à projets nationaux. Elle récupère également la gestion de programmes hautement stratégiques à l’instar des plans nationaux sur les maladies rares ou la médecine génomique, tout en assurant une veille technologique pour anticiper les ruptures scientifiques de demain.
Le deuxième axe fort réside dans le soutien à l’innovation et son intégration dans les pratiques de soins. La direction générale hérite de la gestion des expérimentations de terrain, notamment celles liées aux innovations organisationnelles, et devra garantir leur évaluation rigoureuse avant toute généralisation. Elle travaillera de concert avec les industriels, les structures de recherche et les pôles de compétitivité pour accélérer le déploiement des technologies médicales. De plus, elle assurera, aux côtés de la Direction générale de la santé et de la Direction de la sécurité sociale, le pilotage des accès dérogatoires pour permettre aux patients de bénéficier plus rapidement des traitements novateurs.
Le troisième volet, particulièrement scruté par les acteurs du secteur, est celui du numérique et de la gouvernance des données. La structure reprend et amplifie les prérogatives de l’ancienne délégation du numérique en santé. Elle est désormais investie du pouvoir de fixer les règles de sécurité, d’interopérabilité et d’éthique des services numériques de santé. Son rôle sera également crucial dans le financement d’outils dédiés à la cybersécurité et à la résilience des établissements de soins, un enjeu devenu vital ces dernières années. Elle supervisera le service public de l’information en santé et définira le cadre d’exploitation secondaire des données de santé, indispensables pour nourrir la recherche médicale.
Sur le plan organisationnel, la transition s’opère de manière progressive. Le décret prévoit une période transitoire courant jusqu’au 1er novembre 2026 au plus tard, date à laquelle l’arrêté d’organisation définitive devra être publié. D’ici là, les équipes issues de la Direction générale de l’offre de soins, du Secrétariat général et de l’ancienne délégation au numérique sont placées sous l’autorité directe du nouveau directeur général, Lise Alter, tout en conservant provisoirement leur fonctionnement interne afin d’éviter toute rupture dans la continuité de l’action publique.
Cette réorganisation administrative consacre le numérique et l’innovation non plus comme de simples outils d’appui technique, mais comme des leviers politiques majeurs de la santé publique. En élevant ces compétences au rang de direction générale, l’État se dote d’une force de frappe institutionnelle inédite pour piloter l’avenir de la médecine et garantir l’attractivité économique et scientifique de la France à l’échelle européenne et internationale.
Source : Ministère de la santé