Le CHU de Nice déploie son Entrepôt de Données de Santé

Le CHU de Nice annonce le lancement de son Entrepôt de Données de Santé (EDS), intégré au projet régional EDS Méditerranée. Cette nouvelle infrastructure doit faciliter la réutilisation sécurisée des données de santé pour soutenir la recherche, l’innovation, l’intelligence artificielle et l’amélioration des prises en charge. Découverte.

Le Centre Hospitalier Universitaire de Nice franchit une nouvelle étape dans sa stratégie autour de la donnée de santé. L’établissement vient d’annoncer le déploiement de son Entrepôt de Données de Santé (EDS), présenté comme un outil structurant pour la recherche et l’innovation médicale sur le territoire azuréen.

Sa mise en œuvre a été réalisée avec l’appui du GCS CARES, chargé d’accompagner le déploiement opérationnel et la structuration des données à l’échelle locale. L’initiative s’inscrit dans un projet plus large : EDS Méditerranée, porté à l’échelle de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et lauréat de la deuxième vague d’un appel à projets France 2030, sous la direction du Pr Marc-Olivier Gauci.

Un EDS pour mieux exploiter les données produites dans le soin

Un Entrepôt de Données de Santé est une infrastructure numérique sécurisée permettant de collecter, centraliser et conserver les données générées au cours de la prise en charge des patients. Ces données peuvent notamment concerner le parcours du patient, les traitements administrés, les examens pratiqués ou encore les résultats de suivi médical. Leur réutilisation, dans un cadre réglementé, doit permettre de développer de nouvelles connaissances médicales, d’améliorer la prise en charge et de favoriser l’émergence de traitements innovants et personnalisés.

Pour le CHU de Nice, l’objectif est ainsi de transformer la masse de données produites quotidiennement par l’hôpital en une ressource exploitable pour la recherche.

« Chaque jour, des milliers de patients sont pris en charge au CHU de Nice. Les données produites au cours de ces parcours de soins constituent une richesse exceptionnelle pour mieux comprendre les maladies et améliorer les traitements.
Avec l’Entrepôt de Données de Santé, nous transformons cette richesse en un levier concret au service de la santé des habitants des Alpes-Maritimes et de la Corse. Plus de recherche, plus d’innovation, mais surtout des bénéfices directs pour les patients : des diagnostics plus précis, des prises en charge mieux adaptées et une capacité accrue à relever les grands défis de santé publique. Le CHU de Nice confirme ainsi sa place de centre hospitalier universitaire de référence pour notre territoire, en conciliant excellence médicale, innovation responsable et service public. » indique Rodolphe Bourret, Directeur Général du CHU de Nice.

Le projet dépasse toutefois le seul périmètre niçois. EDS Méditerranée prévoit la mise en place d’un système informatique au sein de chacun des établissements partenaires afin de collecter et mettre en qualité leurs données de santé. Le dispositif réunit notamment le CHU de Nice, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM), l’Institut Paoli-Calmettes, le Centre Antoine Lacassagne et l’Hôpital Lenval.

À terme, cette organisation doit faciliter le développement de projets de recherche multicentriques en région PACA, favoriser le partage d’expertises entre établissements et renforcer les collaborations avec les acteurs académiques, notamment Université Côte d’Azur et Aix-Marseille Université. Le projet travaille également en lien avec la Plateforme des Données de Santé, avec des ambitions affichées à l’échelle européenne.

Des premiers projets multicentriques sur le territoire azuréen

Le lancement de l’EDS du CHU de Nice constitue une première étape dans la construction de cet écosystème régional. Les données issues de l’EDS Méditerranée pourront désormais être partagées avec les entrepôts du Centre Antoine Lacassagne et de la Fondation Lenval, dans le cadre de projets multicentriques locaux et via des plateformes collaboratives certifiées pour l’hébergement de données de santé.

L’ambition est également de rapprocher cette infrastructure des capacités de calcul et des équipes de recherche du territoire. Le CHU cite notamment les travaux menés autour de l’intelligence artificielle avec l’Institut 3IA Côte d’Azur. L’EDS pourrait ainsi soutenir des projets portant sur différents domaines, de la prévention aux maladies rares, en passant par la chirurgie ou les grands enjeux de santé publique.

Le déploiement de l’EDS s’accompagne d’un cadre spécifique pour la protection des données. Le CHU de Nice indique que son entrepôt est mis en œuvre dans le respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD) et du référentiel EDS de la CNIL. Les données intégrées dans l’entrepôt sont pseudonymisées, c’est-à-dire que leurs identifiants directs sont remplacés par un code ou un identifiant aléatoire. Les patients conservent par ailleurs plusieurs droits concernant l’utilisation de leurs données, parmi lesquels des possibilités d’opposition, de rectification et de limitation du traitement, selon les modalités détaillées par le CHU. Cette dimension réglementaire constitue un enjeu central du dispositif : permettre la réutilisation des données à des fins de recherche tout en maintenant un niveau élevé de protection des informations personnelles.

La donnée de santé au service de l’IA et de la médecine de demain

Au-delà de la constitution d’une base de données, le CHU de Nice présente son EDS comme une infrastructure susceptible d’accélérer le développement de nouveaux usages de la donnée, notamment en intelligence artificielle.

Pour le Pr Marc-Olivier Gauci,  « L’EDS Méditerranée est le fruit d’un travail collectif débuté il y a deux ans. C’est une nouvelle ère pour notre santé. Demain, toute la recherche médicale s’appuyant sur les données des patients passera par ces entrepôts sécurisés. C’est un outil indispensable qui répond à des règles très strictes pour protéger les données des patients tout en garantissant des innovations, notamment en intelligence artificielle, fiables et au service des meilleurs soins. L’EDS, notamment au CHU de Nice, permettra de réaliser des avancées majeures, aussi bien sur de grands enjeux de santé publique que sur la prévention, la chirurgie ou les maladies rares. Grâce à l’EDS Méditerranée, notre région se donne les moyens de viser encore l’excellence scientifique internationale pour mieux soigner demain. »

Le défi sera désormais de transformer cette infrastructure en projets concrets : études multicentriques, outils d’aide à la décision, recherche sur les parcours de soins ou encore identification de nouveaux leviers de prévention.

Le déploiement bénéficie enfin de plusieurs soutiens publics. L’EDS Méditerranéen du CHU de Nice est accompagné par le Fonds européen de développement régional (FEDER) pour le développement d’infrastructures numériques structurantes.Le projet régional EDS Méditerranée bénéficie pour sa part du soutien de France 2030, dans le cadre de la politique nationale d’investissement en faveur de l’innovation et de la recherche.Avec cette nouvelle infrastructure, le CHU de Nice cherche ainsi à consolider une stratégie territoriale de la donnée de santé, combinant recherche clinique, intelligence artificielle, collaborations interhospitalières et protection des données.

Source : CHU de Nice

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