La saison 35 du Festival de la Communication Santé, qui récompense les meilleures campagnes de communication dans le domaine de la santé, se déroulera les 26 et 27 novembre prochain à Deauville. Rencontre avec sa présidente Julie de Folleville.
Cette 35e édition marque une étape symbolique dans l’histoire du Festival. Quel regard portez-vous sur ces 35 années et quelle ambition souhaitez-vous désormais lui donner ?
Trente-cinq ans, c’est toute l’histoire de la communication santé. Le Festival est né à une époque où elle était essentiellement institutionnelle et imprimée. Il a accompagné toutes ses transformations : le digital, les réseaux sociaux, la montée en puissance de la parole des patients et aujourd’hui l’intelligence artificielle. Sur cette période, la communication est passée du statut de fonction support à celui de levier stratégique de santé publique, et le Festival a évolué avec elle, en s’ouvrant aux patients puis aux professionnels de santé.
Mon ambition s’inscrit dans cette continuité : faire du Festival le lieu où tout l’écosystème – institutions, industriels, agences, médias, professionnels de santé et patients – se retrouve pour élever le niveau d’exigence de la profession. Avec une conviction : en santé, une communication réussie ne se mesure pas au bruit qu’elle fait, mais à ce qu’elle apporte concrètement aux patients et aux soignants – mieux comprendre, mieux prévenir, mieux vivre.
Vous avez choisi comme fil rouge « Communication santé et qualité de vie : informer aujourd’hui, mieux vivre demain ! ». Pourquoi avoir placé la qualité de vie au cœur de cette édition ?
Parce que la qualité de vie est, au fond, la vraie mesure de l’utilité de nos communications. Informer ne suffit plus : il faut permettre de mieux comprendre, de mieux décider et, in fine, de mieux vivre. Une communication de qualité améliore l’adhésion aux traitements, favorise la prévention, réduit les inégalités d’accès à l’information et renforce la confiance.
Ce thème parle à tous nos publics. Aux patients, confrontés à la surabondance d’informations et à la désinformation. Aux soignants, sous pression, qui ont besoin d’une communication qui simplifie plutôt qu’elle n’alourdit. Et aux communicants, à qui l’on demande de plus en plus de prouver leur impact réel. « Informer aujourd’hui, mieux vivre demain », c’est inscrire notre métier dans le temps long.
Quels seront les grands temps forts de cette édition ?
Deux jours à Deauville, les 26 et 27 novembre. Le jeudi est consacré aux soutenances : les porteurs de projet défendent leurs campagnes à l’oral devant nos jurys d’experts, pour les concours #FestiComMed et #FestiComSanté. La journée se clôt par la soirée des Festivaliers, pensée pour amplifier le networking. Le vendredi matin, la plénière alterne keynotes et tables rondes, avec davantage de médecins et de patients à la tribune : une nouvelle étude Ipsos sur les Français, la santé et la qualité de vie dévoilée en ouverture, la prévention, la parole des patients, l’IA en santé. Suivent des ateliers pratiques avec nos partenaires, puis, le vendredi après-midi, la grande remise des prix retransmise en direct – aussitôt pitché, aussitôt primé, vingt-quatre heures après les soutenances.
Le Festival distingue désormais à la fois la communication santé avec les Prix #FestiComSanté et la communication médicale et scientifique avec les Prix #FestiComMed. Pourquoi était-il important de mieux distinguer ces deux univers ?
Parce que ce sont deux exercices différents, qui méritent chacun leur reconnaissance. Le Prix #FestiComSanté, tourné vers le grand public, reste au cœur du Festival : c’est là que se jouent la prévention, la pédagogie et les grands changements de comportements. Le Prix #FestiComMed, lancés en 2025, récompense la communication médicale et scientifique destinée aux professionnels de santé : un exercice exigeant, à la croisée de la rigueur scientifique et de la créativité, longtemps resté dans l’ombre des campagnes grand public. La qualité des dossiers de la première édition nous a confortés dans ce choix. Distinguer ces deux univers, c’est juger chaque campagne selon les bonnes règles de l’art – et couvrir l’ensemble du spectre de la communication santé.
Avec l’IA générative, les réseaux sociaux et de nouveaux usages de recherche de l’information, assiste-t-on selon vous à une transformation profonde des métiers de la communication santé ?
Oui, et elle est déjà engagée. L’IA générative transforme la production des contenus, la personnalisation des messages et l’accessibilité de l’information. Les réseaux sociaux ont déplacé les lieux où les Français s’informent sur leur santé, et les nouveaux usages de recherche bousculent les parcours d’information. Mais en santé, l’approximation n’est pas permise : ces outils imposent une exigence accrue de validation scientifique et médicale, de transparence et de protection des données. L’IA est un outil puissant ; la responsabilité, elle, reste humaine. C’est au fond une bonne nouvelle pour notre métier : plus produire du contenu devient facile, plus la fiabilité et le conseil deviennent notre vraie valeur ajoutée. Ces questions seront au programme de cette édition, en table ronde comme en atelier.
Quels critères font aujourd’hui, selon vous, une excellente campagne de communication santé : créativité, impact mesurable, pédagogie, capacité à modifier les comportements, co-construction avec les patients ?
Tous – et c’est précisément leur combinaison qui fait l’excellence. Une idée créative forte, d’abord, permet à un message juste d’être entendu, compris et retenu. La rigueur et la pédagogie, ensuite, qui sont non négociables. La co-construction avec les patients et les professionnels de santé, qui garantit la justesse du propos. Et enfin la preuve : des résultats mesurés qui vont au-delà de la visibilité. Les vues et les clics ne disent pas si l’on a mieux prévenu, mieux soigné, mieux vécu. C’est le sens des deux nouvelles distinctions de cette édition : le Prix Concept Créatif récompense l’idée, le Prix Impact récompense ce que la campagne a réellement changé.
Si vous deviez identifier trois grandes transformations qui vont bouleverser la communication santé dans les cinq prochaines années, lesquelles choisiriez-vous ?
La première est l’intelligence artificielle, qui va redistribuer la valeur dans nos métiers : la production se banalise, la stratégie, la validation et le conseil deviennent le cœur de notre apport. La deuxième est la bataille de la confiance : face à la désinformation, la capacité à produire et à faire reconnaître une information santé fiable deviendra un enjeu de santé publique – et un différenciant majeur pour les annonceurs comme pour les agences. La troisième est la culture de l’impact : nous passerons d’une logique de visibilité à une logique de preuve, avec des campagnes évaluées sur ce qu’elles changent réellement dans les comportements et la qualité de vie. Et ces trois transformations ont un point commun : elles donnent plus de place, pas moins, à la parole des patients et des professionnels de santé.
Enfin, qu’aimeriez-vous que les participants retiennent en quittant Deauville le 27 novembre prochain ?
J’aimerais que chacun reparte avec des idées concrètes à tester dès le lundi, de belles rencontres, et l’envie de revenir. Et avec une certitude : bien communiquer en santé, c’est contribuer à mieux vivre. Si c’est le cas, cette 35e édition aura rempli sa mission.
Informations et inscription sur le site www.festivalcommunicationsante.fr
Buzz e-Santé est partenaire du Festival de la Communication Santé