A la rencontre de Guillaume de Durat

Régulièrement, je vous propose de partir à la rencontre d’un acteur du digital santé en France.

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Guillaume de Durat, e-influenceur de la e-santé et initiateur de l’Université d’été des Déserts numériques et Médicaux.

Bonjour Guillaume. Peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour Rémy, bonjour à tous, brièvement je suis né à Paris mais ai grandi dans le Bourbonnais jusqu’au Bac puis reparti à Paris faire mes études de droit et de sciences po. Cela fait 20 ans que je travaille dans le secteur de la santé, dans des organisations professionnelles bien connues, puis comme consultant pour des laboratoires et depuis un an dans un cabinet d’avocat. Je me suis passionné indépendamment de mon cœur de métier pour le digital et la e-santé.

Ma campagne c’est l’endroit où je retourne dès que je peux ; mes racines…

Tu viens de lancer un nouvel évènement : l’Université d’été des Déserts numériques et Médicaux. Peux-tu présenter cette initiative ?

L’initiative est assez simple : elle part du constat que je suis le développement de la e-santé depuis quasiment son origine avec beaucoup d’entre vous mais que les promesses de cette révolution ne sont pas aux rendez-vous : lenteurs administratives, absence de réglementation sur le statut des applications de santé, des Objets connectés, difficultés à faire intégrer cette solution comme un complément utile dans le système de santé (et pas seulement système de soins) et non comme la substitution des professionnels de santé par des machines et des données.

Il va donc s’agir non pas seulement de réunir les développeurs d’applications et leurs évaluateurs … mais de faire venir sur le terrain (au sens propre) des opérateurs de téléphonie mobile, des FAI ou autres entreprises susceptibles de trouver de la bande passante pour que l’on puisse, sans attendre la mise en place des groupes de travail sur le Numérique annoncés pour 2020, avec  des associations de patients, des établissements publics et privés, des professionnels de santé, des responsables des SI, des acteurs locaux,  ou d’ailleurs, traiter de ce sujet : la connectivité et d’en sortir quelque chose de concret.

Comment est venue l’idée de ce concept ?

L’idée est venue avec des amis geeks et tous férus de réseaux sociaux autour d’une table dans ma campagne entre Bourgogne et Auvergne : sans réseau, pas de e-santé… et on déroule : le problème des territoires, des déserts médicaux, de la HAD, des SSR même la consultation à distance de son DMP ou la prise de RDV en ligne ! virage ambulatoire mal engagé..

Pas de réseaux ? Nos beaux développements technologiques se limitent aux zones couvertes. Pas très satisfaisant pour les patients…

Observateur avisé du numérique en santé,  quel regard portes-tu sur l’écosystème actuel ?

Avisé c’est beaucoup dire, je trouve que nous sommes dans une période de flottement. La télémédecine fonctionne, les applications et  objets connectés utiles sont présents ou vont l’être… mais le statut réglementaire de « matériel médical » est très large, pas forcément adapté. Qui est capable d’évaluer une application à l’ANSM ? quel apport, pour ne pas dire quel ASMR, ? Quelle prise en charge par la collectivité – même symbolique – pour permettre aux mutuelles de s’occuper du reste (et elles sont très présentes) ? quelle codification à l’acte faut-il donner au médecin qui est connecté à l’autre bout, quelle valeur de son acte (e-C=27 ?), quelle responsabilité médicale…formation..

Pour finir, comment vois-tu évoluer l’e-santé dans les années à venir en France ?

A lire les articles récents on pourrait croire que l’e-santé va se délocaliser de France. Les entreprises peut-être mais pas les patients donc il ne faut pas craindre une transhumance dévastatrice pour ce secteur.

J’aime à répéter que le tort en France a été de parler de « e-santé » comme on parle d’ « e-health » dans les pays anglosaxons.

Le terme « santé » en France est plus restrictif, il a été, avec tout le respect que je dois à mes amis médecins et pharmaciens,  chasse gardée des Ordres (Médecins, Pharmaciens). Or ces derniers n’ont pas été consultés et ont vu fleurir des gadgets se revendiquant de l’e-santé dans des magasins d’électronique et d’électroménager. D’où un rejet assez net, voir virulent.

Aujourd’hui, les mentalités changent, les gadgets restent des gadgets (et finiront comme Neandertal) et les applications de santé réellement bénéfiques cherchent à juste raison un adoubement par la communauté médicale. De l’autre côté, les médecins utilisent leurs tablettes plus facilement et c’est encore plus vrai dans les hôpitaux.

Il importe que chacun comprenne les attentes et propositions des autres car nous sommes mus par une seule volonté : être plus efficients. Les développeurs des applications de santé, de ce que j’ai en vu, sont d’abord des gens passionnés et engagés et ne visent pas en premier lieu la gloire et l’argent mais bien un réel apport à la qualité et suivi de la santé de leurs concitoyens.

Pour aller plus loin : www.universitedeserts.com, @univdeserts,  @gdedurat

 

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